08 juillet 2026
La lutte contre le trafic international de stupéfiants ne faiblit pas au fenua.
Ce mardi après-midi, les services des douanes ont investi la marina de Papeete pour mener une vaste opération de contrôle inopiné sur le front de mer. En cette période de haute saison pour la plaisance, le dispositif a ciblé spécifiquement tous les voiliers étrangers amarrés sur les quais depuis moins de 72 heures. Contrôles d'identité rigoureux, ouverture des soutes et passage systématique d'un chien renifleur : rien n'a été laissé au hasard. Un rituel de sécurité que les navigateurs au long cours commencent à bien connaître, à l'image de Jinsin, un plaisancier danois qui avait déjà subi une fouille similaire à Nuku Hiva dès son entrée dans les eaux territoriales, et qui salue la nécessité de ces interventions pour bloquer les navires transportant des armes ou de la drogue depuis Panama ou les États-Unis.
Pour les autorités, le front de mer de la capitale est un point de passage ultra-stratégique, au même titre que le port de commerce ou la gare maritime. Thomas Lamy, chef de la division des douanes de Polynésie française, a rappelé la vulnérabilité de ce vecteur maritime : les voiliers en provenance d'Amérique centrale ou d'Amérique latine choisissent souvent la Polynésie comme premier point de contact après des semaines de traversée, faisant du territoire une zone hautement sensible pour la contrebande de cocaïne ou de méthamphétamine (ice). L'objectif affiché par l'État est clair : zéro impunité au fenua. Depuis le début de l'année 2026, plus d'une quinzaine d'opérations de ce type ont été menées à quai, en complément des interventions militaires en haute mer.
Pour mémoire, la dernière saisie record remonte au 2 février dernier, avec l'interception historique de 4,24 tonnes de cocaïne par la Marine nationale.