10 mars 2026
L'ambiance est plus que tendue dans les couloirs du Taaone.
Mireille Duval, secrétaire générale de la Fissap, a officiellement déposé un préavis de grève ce lundi 9 mars 2026. Si aucun accord n'est trouvé avec le Pays d'ici là, le mouvement débutera le dimanche 15 mars à minuit. Et attention, il ne s'agit pas seulement du Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF), mais de tout un pan du système de santé : psychiatrie, Nivee, Hospitel, l’École des sages-femmes et même la Direction de la santé publique.
Les raisons de cette colère ? Elles ne sont pas nouvelles, mais elles semblent avoir atteint un point de rupture. Les agents dénoncent des conditions de travail "dégradées" avec une charge de travail qui explose sans que les moyens humains ne suivent. En gros, on en demande toujours plus aux soignants, ce qui mène droit à l’épuisement professionnel. S’ajoute à cela un manque de reconnaissance de leurs compétences et une situation budgétaire jugée "préoccupante", avec des difficultés pour payer les fournisseurs et un manque de financements chroniques.
Ce conflit pourrait bien s'étendre au-delà de Papeete. L'intersyndicale prévient que les hôpitaux de Taravao, Moorea, Raiatea et Nuku Hiva pourraient rejoindre le mouvement dans les semaines à venir. C'est une menace sérieuse pour la continuité des soins au fenua, surtout quand on sait que le CHPF est l'établissement qui accueille le plus de patients sur le territoire.
Historiquement, le dialogue a souvent permis d'éviter le pire au dernier moment, comme en 2021 ou 2024, mais cette fois-ci, la Fissap attend des actes concrets sur les effectifs et les statuts. Les négociations s'annoncent serrées au ministère de la Santé cette semaine. Reste à savoir si le gouvernement saura trouver les mots (et les budgets) pour éviter que nos blouses blanches ne désertent les services dimanche prochain. On te tient au courant de l'évolution des discussions sur 23.6 Radio !