15 mars 2026
Lionel Guérin, le nouveau patron d’Air Tahiti Nui nommé en février dernier, ne perd pas de temps.
Dans un entretien exclusif accordé à TourMag.com ce dimanche 15 mars 2026, il dévoile sa stratégie pour sortir la compagnie au tiare de la zone de turbulences. Avec un déficit actuel représentant environ 7 % de son chiffre d’affaires, l'objectif est limpide : un retour aux bénéfices d'ici trois ans. Son crédo ? "Réveiller la belle endormie" en cassant le fonctionnement interne trop lent pour gagner en réactivité.
Pour redresser la barre, Guérin lance le plan "I mua 2032". Si les Boeing 787 Dreamliner restent les piliers de la flotte pour l'instant, le directeur général lorgne déjà sur l’avenir, et il pourrait être européen. L’Airbus A350 est à l’étude, mais c’est surtout l’A321XLR qui retient l’attention : ce monocouloir permettrait d’ouvrir de nouvelles routes à moindre coût. En revanche, le Boeing 737 MAX semble définitivement écarté, faute d'un rayon d'action suffisant pour nos traversées transpacifiques.
Côté réseau, l’offensive est lancée. Après l'ouverture express de Sydney, ATN regarde de très près d'autres points d'entrée aux États-Unis pour réduire la pression de la concurrence à San Francisco. "Même Seattle" est dans le viseur, confie-t-il. L'idée est de diversifier les sources de revenus, alors que 80 % du chiffre d'affaires est réalisé hors du fenua. Le Japon reste également une priorité stratégique pour rééquilibrer la balance face au marché américain qui pèse 45 % du trafic.
Enfin, Lionel Guérin mise sur une gestion humaine forte. Il se donne cinq ans pour transmettre les clés d'une compagnie assainie à une relève locale bien préparée. Pour lui, la rentabilité est la condition *sine qua non* avant d'envisager toute ouverture du capital. Un message clair envoyé aux partenaires : Air Tahiti Nui doit d'abord prouver sa solidité par elle-même.