18 février 2026
Les autorités françaises ont saisi 11,5 tonnes de cocaïne en un peu plus d'un mois dans la zone maritime de la Polynésie française, transformant le Pacifique-Sud en route majeure du narcotrafic vers l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
La méthode de destruction par immersion en haute mer, loin des aires marines protégées, préoccupe Natascha Wosnick, biologiste marine brésilienne spécialiste des requins. Cette scientifique alerte sur les conséquences possibles pour la faune du fenua.
Les Forces armées en Polynésie française (FAPF) ont mené plusieurs opérations ces dernières semaines, incluant 4,87 tonnes sur le MV Raider en janvier et 4,24 tonnes le 2 février, détruites hors de la ZEE. Natascha Wosnick, de l'Université fédérale du Paraná, s'inquiète dans ABC News des rejets massifs de substances psychoactives. Les courants océaniques peuvent propager la drogue sur de longues distances, affectant les requins et autres espèces marines non équipées pour métaboliser la cocaïne.
Ses recherches aux Bahamas et celles de collègues au Brésil (étude "Cocaine Sharks" 2021-2023) ont détecté de la cocaïne, mais aussi de la caféine, des antidépresseurs et des contraceptifs dans le sang et les tissus de requins. Ces découvertes montrent que même des écosystèmes préservés absorbent ces polluants. Au fenua, les requins pêchés à la ligne ou croisant près des spots de surf tahitiens pourraient être exposés, avec des effets comportementaux encore inconnus comme une agressivité accrue ou une léthargie.
La biologiste appelle les autorités à repenser la destruction en mer, proposant des alternatives pour protéger la biodiversité du Pacifique. La Polynésie française, avec sa ZEE immense, se retrouve au cœur de ces flux narcotiques via des semi-submersibles repérés jusqu'à Makemo. Ces saisies rappellent l'enjeu sécuritaire pour Tahiti et les îles, mais soulèvent aussi la question environnementale pour la faune marine polynésienne.