17 décembre 2025
Le président de la République Emmanuel Macron réunira les élus de Nouvelle-Calédonie le 16 janvier à Paris.
L’objectif annoncé est de poursuivre le dialogue sur l’avenir institutionnel de l’archipel et de clarifier certains points de l’accord de Bougival, signé en juillet dernier entre l’État, les indépendantistes et les non-indépendantistes.
Dans un courrier adressé aux responsables politiques locaux, Emmanuel Macron indique vouloir "ouvrir de nouvelles perspectives politiques" lors de cette rencontre. Cette étape intervient alors que le calendrier du projet semble s’allonger : la présentation du texte sur la consultation anticipée des Calédoniens, prévue initialement en décembre, ne figurera finalement pas à l’ordre du jour du conseil des ministres.
Du côté des Loyalistes, certains élus estiment que le gouvernement cherche à rouvrir le texte pour répondre aux demandes du FLNKS, principale coalition indépendantiste. Le député Nicolas Metzdorf considère que Paris agit par crainte de nouvelles tensions sur le territoire. Une source proche du camp loyaliste a confirmé à l’AFP que leurs représentants "ont déjà fait toutes les concessions possibles" et refusent toute modification majeure de l’accord.
Le FLNKS avait rejeté le projet dès le mois d’août, estimant qu’il ne reflétait pas suffisamment les aspirations indépendantistes. L’accord prévoyait la création d’un État calédonien intégré à la Constitution française, mais le processus semble désormais bloqué. Le Congrès calédonien a récemment jugé le texte en impasse, avec 19 voix pour, 14 contre et 19 abstentions.
Pour relancer la discussion, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, envisageait initialement une "consultation citoyenne anticipée" en mars 2026. Cependant, plusieurs formations politiques, dont le Parti socialiste, ont demandé à suspendre cette initiative, soulignant un manque de consensus autour du projet.
À Tahiti comme dans le reste de la Polynésie française, le dossier calédonien est suivi de près, car il pourrait influencer les relations futures entre Paris et les outre-mer. Le rendez-vous du 16 janvier sera donc une nouvelle étape clé dans la recherche d’un équilibre politique durable pour la Nouvelle-Calédonie.
Crédits Photo : @Eric Tschaen/Sipa