Les adolescents polynésiens ciblés par cette nouvelle menace chimique | 23.6 Radio


31 décembre 2025

La Fédération Citoyenne Polynésienne de lutte contre les drogues et la toxicomanie (FCPLDT) tire la sonnette d'alarme : le PTC, ou "Pète ton crâne", une drogue de synthèse 200 fois plus puissante que le cannabis, vient d'être détecté au fenua.

Ce cannabinoïde se consomme via des fioles pour cigarettes électroniques, rendant sa détection quasi impossible aux contrôles aéroportuaires, surtout sur les vols directs depuis l'Hexagone. Ce matin même, l'association a identifié deux importateurs actifs sur le territoire.

Incolore, inodore et indolore, le PTC se présente sous forme liquide ou poudre, facile à dissimuler dans des vapoteuses ordinaires. "Il y a de tout et n'importe quoi dans cette drogue, pire que l'ice", alerte Vaihere Taaroamea, intervenante terrain de la FCPLDT, qui soupçonne une arrivée massive pendant les fêtes pour profiter du trafic accru. Les trafiquants profitent des failles des contrôles routiers et aériens, les vols de France étant moins scrutés que ceux de Californie ou du Mexique.

Cette substance cible principalement les adolescents, vendue à bas prix près des écoles ou sur internet, avec des effets dévastateurs : paranoïa, hallucinations, tachycardie, vomissements, idées suicidaires et dépendance rapide pouvant durer jusqu'à 24 heures. L'addictologue Gwénolée Martinot note un sevrage brutal chez les 14-25 ans, avec des réveils nocturnes pour vapoter et un risque d'overdose par arrêt cardiaque. Classé stupéfiant depuis 2017, le PTC mime le THC mais s'accroche totalement aux récepteurs cérébraux, amplifiant les dangers bien au-delà du cannabis naturel.

La FCPLDT, qui inaugurait ce mardi ses nouveaux locaux à Papeete soutenus par le Pays et la population, renforce sa coordination contre l'ice et ces nouvelles menaces. Kathy Gaudot, sa présidente, appelle à la vigilance maximale face à cette drogue déjà expérimentée par près de 4% des moins de 17 ans en métropole selon une étude de 2018. Au fenua, parents et éducateurs sont invités à surveiller les vapoteuses des jeunes pour prévenir une vague d'addictions meurtrières.

Crédits Photo : @AFP/ThibaudMoritz