OPT vs Starlink : nouvelle loi pour protéger les emplois | 23.6 Radio


04 décembre 2025

Les membres du CESEC ont examiné le deuxième volet du projet de loi du Pays sur la réglementation des télécommunications extérieures.

L’objectif est de poser un cadre juridique pour l’usage de modules Internet étrangers comme Starlink, déjà présents de manière non contrôlée en Polynésie française, tout en protégeant les emplois au sein de l’OPT.

À l’issue des débats, le texte reçoit 37 voix pour, aucune contre et 4 abstentions. Parmi les points sensibles figurent la géolocalisation des utilisateurs polynésiens par des sociétés étrangères et le risque de perte de maîtrise des données. Le projet prévoit que seules certaines zones non couvertes par Onati, ainsi que des professions spécifiques comme les marins, pourront obtenir une autorisation pour utiliser un opérateur étranger, sous peine de sanctions en cas de non-respect.

Le rapporteur Makalio Folituu rappelle que les inquiétudes liées à Starlink et à la situation de l’OPT sont prises en compte dans le texte, notamment pour les zones blanches. Derrière ces débats se cache la crainte de fragiliser encore davantage un service public déjà déficitaire sur les îles peu habitées, où l’OPT assure la continuité numérique malgré une rentabilité faible.

Pour Atonia Teriinohorai, le risque est clair : si un opérateur privé étranger capte les clients les plus rentables, les investissements lourds de l’OPT, comme les câbles sous-marins et les réseaux locaux, deviendront encore plus déficitaires. Le Pays subventionne déjà Fare Rata pour le courrier, et le même schéma se dessine pour les télécoms. Le troisième volet de la réforme, attendu l’an prochain, portera sur le financement durable du secteur en Polynésie française.