16 novembre 2025
Ambiance festive à l’école hôtelière de Punaauia !
Vendredi, la Polynésie a levé son premier verre à l’occasion du tout premier Festival du Rhum du fenua. Une première édition placée sous le signe des saveurs locales et du savoir-faire, organisée par le syndicat des producteurs de rhum pur jus de canne. Dégustations, ateliers et master class se sont enchaînés dans une ambiance à la fois conviviale et passionnée.
Cinq maisons emblématiques étaient de la partie : Manao, Manutea, Pari Pari, Tamure et Tie. Chacun a présenté ses cuvées et raconté son histoire autour du rhum made in Polynésie. Les visiteurs ont pu plonger dans l’univers de la distillation et découvrir, au fil des master class, l’influence du fût, la magie des terroirs de Taha’a ou encore les secrets de fabrication d’un rhum pur jus de canne à sucre. Les plus curieux ont même participé à un atelier de pressage de canne et de bouturage de variétés anciennes – façon retour aux racines.
Mais au-delà de la fête, les producteurs du fenua ont une vraie ambition : faire reconnaître l’excellence du rhum polynésien. Le syndicat, créé il y a six ans, vise une distinction majeure – l’indication géographique, ou IG. Ce label garantirait au consommateur l’origine et la qualité du produit, tout en posant un cadre strict contrôlé par un organisme international, Certipaq. Le dossier est déjà en bonne voie, en attente d’une loi de Pays d’ici fin 2025. Pour Marotea Vitrac, président du syndicat, cette IG serait un tremplin vers la reconnaissance mondiale. Le but ? Faire inscrire le rhum du fenua au code européen des spiritueux, comme l’ont fait les Antilles avec leur AOC. Là-bas, la certification a dopé la production et doublé les exportations. Une trajectoire que les producteurs polynésiens espèrent bien suivre.
Aujourd’hui, la filière locale aligne environ 30 000 bouteilles par an sur 70 hectares. L’objectif à moyen terme : passer à 1 000 hectares et créer jusqu’à 3 000 emplois. Déjà, Manao lance à Taravao une distillerie de nouvelle génération, tandis que Tamure, Pari Pari et Manutea renforcent leurs installations à Tahaa, Raiatea et Moorea. Si tout se passe comme prévu, le rhum polynésien pourrait bientôt faire pétiller les verres du monde entier.