08 mars 2026
Rien ne va plus entre Air Tahiti et le gouvernement.
Malgré une réunion de crise fin février avec le président Moetai Brotherson, les salariés de notre compagnie historique ne sont pas du tout convaincus. Dans un communiqué qui vient de tomber ce samedi, l'intersyndicale maintient la pression et tire la sonnette d'alarme : l'avenir de ton transporteur préféré et de ses employés est en jeu.
Le gros point de discorde, c'est ce que les syndicats appellent une "concurrence inéquitable". Ils ne digèrent pas les 5 milliards de Fcfp d'aides publiques injectés chez le concurrent Air Moana, alors qu'Air Tahiti assure desservir 46 îles du fenua en se débrouillant quasiment seule. "On aide une boîte qui a 3 ans et un seul actionnaire milliardaire, alors qu'Air Tahiti appartient à des centaines de familles polynésiennes", balancent les représentants. Le sentiment d'injustice est total et le dialogue semble complètement rompu.
Et si tu prévois de voyager dans les îles éloignées (les zones en DSP) après le 1er juillet, c'est le flou artistique. Air Tahiti refuse de vendre des billets au-delà de cette date tant qu'elle n'a pas de garanties écrites du Pays. Pour les syndicats, c'est un stress immense pour les populations des archipels qui sont nos familles et nos fetii. Sans contrat clair, la compagnie ne veut pas prendre de risques financiers, et c'est toi qui pourrais te retrouver cloué au sol.
L'intersyndicale craint carrément un plan social si rien ne bouge. Elle rejette aussi l'idée de découper le ciel polynésien en plusieurs lots, comparant ça à diviser une famille dans trois maisons différentes : au final, les factures vont exploser pour tout le monde. Les salariés restent mobilisés pour défendre leur job et la continuité du service public aérien. On espère que le Pays et la compagnie vont vite trouver un terrain d'entente pour ne pas paralyser nos îles.