27 mai 2026
L'urgence sanitaire s'invite dans l'hémicycle de Tarahoi.
Ce jeudi, les élus de l'Assemblée examinent en séance plénière la proposition de loi du Pays visant à informer les consommateurs sur le niveau de transformation des denrées alimentaires vendues en Polynésie française.
Porté par Cathy Puchon et Simplicio Lissant, le texte rappelle des chiffres alarmants : au fénua, 70% de la population adulte est en surpoids et 40% souffre d'obésité. Initialement inspirée d'un modèle chilien très strict, la mouture originale prévoyait des pastilles noires sur les menus, des affiches A3 en magasin et des sanctions pénales colossales. Jugée trop contraignante, coûteuse et inflationniste par le Cesec, cette version a été largement remaniée pour laisser place à un texte axé sur la publicité et la prévention.
Exit donc l'étiquetage obligatoire dans les rayons ou sur les cartes des restaurants. Le projet de loi cible désormais la classification "Nova" (les produits industriels avec additifs, colorants ou édulcorants comme les sodas, snacks, nouilles instantanées ou plats préparés) à travers les canaux publicitaires. Concrètement, toute publicité visuelle — y compris sur les réseaux sociaux locaux — devra afficher un bandeau noir de sécurité couvrant au moins 7% de sa hauteur avec un message clair : « Consommer trop d’aliments ultra-transformés augmente le risque d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires ». Un avertissement similaire sera obligatoire à la radio. Les lourdes peines de prison initiales ont été abandonnées au profit d'une amende administrative plafonnée à 350 000 Fcfp.
En parallèle, des campagnes annuelles dans les écoles et un plan global contre les produits gras, salés et sucrés sont programmés pour la décennie 2026-2036.