Tahiti : le glissement de terrain meurtrier à Afaahiti est-il un cas isolé ou le symptôme d’un risque plus profond ?
Dans la nuit du 26 novembre 2025, un éboulement massif a frappé le quartier de Te Honu à Afaahiti, ensevelissant deux maisons et faisant huit victimes, dont une fillette de trois ans. Ce drame, survenu après des pluies intenses, interroge : au-delà de la catastrophe immédiate, ne révèle-t-il pas une vulnérabilité géologique structurelle de Tahiti, amplifiée par le climat ?â
La topographie escarpée de Tahiti, avec ses pentes raides saturées par des précipitations abondantes, crée un terrain propice aux mouvements de sol. À Afaahiti, un versant de 30 mètres de haut s’est effondré, projetant une maison sur une seconde avant de tout engloutir sous terre et roches. Les fortes pluies des jours précédents ont agi comme déclencheur, sur un sol déjà instable, comme l’ont confirmé les autorités locales.â
Ce n’est pas un cas isolé : l’île a connu des glissements similaires par le passé, preuve d’un risque récurrent. Le haut-commissaire Alexandre Rochatte a décrit un site « mobile où rien n’est stable », obligeant les 200 secours à progresser avec pelleteuses, chiens, radar et caméra endoscopique, malgré plusieurs répliques.â
La pression démographique pousse à construire en zones vulnérables, en contrebas de pentes à risque. Des signalements antérieurs au Labo TP et à la mairie évoquaient des terrassements modifiant l’écoulement de la cascade au-dessus du quartier, sans réaction pour l’instant. Une enquête pour homicide involontaire vise à clarifier ces facteurs humains.â
Vingt-neuf foyers évacués, une cellule médico-psychologique au centre Teaputa de Taravao : le drame expose l’urbanisation inadaptée. Le président Moetai Brotherson insiste sur les normes strictes pour terrains à risque, tandis qu’Emmanuel Macron apporte le soutien de la nation aux familles.â
Ce glissement tragique appelle une refonte de l’aménagement : intégrer géologie, climat et prévention pour protéger le fenua des catastrophes futures, dans un contexte de phénomènes extrêmes croissants.
Crédits Photo : @Haut-CommissariatDeLareÌpubliqueenpolyneÌsiefrançaise