Pétrole : flambée attendue suite au conflit au Moyen-Orient | 23.6 Radio

Le conflit américano-israélien contre l'Iran fait craindre une flambée spectaculaire des prix du pétrole.

Le marché pétrolier ouvre ce soir à 23h GMT et les cours devraient bondir violemment dès lundi matin. Le Brent, référence mondiale de l'or noir, qui valait 72 dollars vendredi, pourrait atteindre 85 à 90 dollars le baril en quelques heures.

Le détroit d'Ormuz, par où transite 20% de la consommation mondiale de pétrole, est devenu un goulet d'étranglement majeur. Bien que non totalement fermé - quelques rares navires chinois et iraniens l'ont franchi selon les observations satellites - les assureurs refusent de couvrir les passages. Les grandes compagnies maritimes ont suspendu leurs traversées, rendant le détroit pratiquement impraticable.

Cette situation compromet gravement les exportations pétrolières iraniennes et du Golfe. Même si des infrastructures alternatives existent au Moyen-Orient, la perte réelle d'offre se chiffre entre 8 et 10 millions de barils par jour. Les réserves stratégiques des pays OCDE - censées couvrir 90 jours de consommation - ne suffiront pas à compenser durablement une telle pénurie.

Donald Trump balaie les inquiétudes sur Fox News : "Je ne m'inquiète de rien. Sans nos frappes, l'Iran aurait l'arme nucléaire en deux semaines." Pourtant, la hausse des carburants risque de miner sa popularité avant les élections de mi-mandat. Téhéran miserait sur cette arme économique pour faire plier Washington, qui avait promis des prix bas à l'électorat américain.

Le gaz naturel liquéfié devrait aussi exploser. Le Qatar, exportateur majeur de GNL et théâtre des récentes frappes iraniennes sur ses bases US, voit ses infrastructures menacées. Cette double flambée ravive le souvenir du début de la guerre en Ukraine, quand le brut avait dépassé les 100 dollars, entraînant inflation et ralentissement économique mondial.

À la Bourse, le secteur de la défense profitera sans doute de l'escalade. Mais les compagnies aériennes, maritimes et le tourisme devraient plonger. Si le blocus d'Ormuz ne dure que trois jours, l'impact restera limité. Au-delà, le risque récessif mondial devient majeur.