Une grève scolaire touche Papeete, Punaauia, Bora Bora et d’autres communes | 23.6 Radio

Ce mardi, de nombreux élèves de maternelle et de primaire de Polynésie française laisseront leur cartable à la maison.

Une grève des enseignants du premier degré touche plusieurs communes, dont Papeete, Punaauia, Pirae, Moorea, Huahine ou encore Bora Bora. Le mot d’ordre est clair : “Toutes les écoles d’Outre-mer disent stop aux injustices : moyens, dignité, égalité maintenant.”

À l’origine du mouvement, un cri d’alarme venu de l’ensemble des territoires ultramarins et relayé au fenua par le FSU-SNUipp. Les enseignants dénoncent des conditions de travail dégradées : chaleur dans les salles, absence de climatisation dans certains établissements, manque de dispositifs de sécurité, pression hiérarchique, et un sentiment général de ne pas être entendus dans les instances d’hygiène et de sécurité.

Le décret n°2024-641 du 27 juin 2024 cristallise aussi la colère. Ce texte modifie le régime des congés maladie des fonctionnaires, en requalifiant la prime de vie chère en indemnité. Résultat : cette prime peut être partiellement ou totalement supprimée lors de certains congés longue durée, ce que les syndicats perçoivent comme une perte nette de droits pour les agents d’Outre-mer. S’ajoutent des difficultés pratiques, comme l’accompagnement en évacuation sanitaire vers la métropole et la galère pour joindre la MGEN avec le décalage horaire.

Concrètement, plusieurs mairies ont annoncé la fermeture totale ou partielle d’écoles pour des raisons de sécurité. À Punaauia, trois écoles sur dix sont fermées. Sont notamment fermées : Mairipehe (Teva I Uta), Paofai et Mamao/Tamatini (Papeete), Apatea (Papara), Maehaa Nui, Manotahi et Punavai Plaine (Punaauia), Taaone (Pirae), plusieurs écoles de Moorea (Teavaro, Haapiti, Papetoai, Paopao maternelle et élémentaire), toutes les écoles maternelles, élémentaires et CJA de Huahine, ainsi que Temarutuitui et Namaha 1 à 4 à Bora Bora. À Pirae Tuterai Tane, une partie des enseignants sera en grève mais un accueil minimal est assuré.

Dans les écoles restées ouvertes, des regroupements d’élèves sont organisés, mais les communes préviennent : l’enseignement ne sera pas assuré dans des conditions habituelles. Les municipalités rappellent aussi que les repas non pris à la cantine à cause de la grève sont automatiquement déduits des factures des familles. L’intersyndicale prévient déjà que ce 3 février n’est qu’un début : d’autres actions pourraient suivre si l’État ne prend pas mieux en compte les réalités des Outre-mer.

La date n’a rien d’innocent : à six semaines des municipales, les syndicats espèrent faire pression sur les élus. Des audiences ont déjà eu lieu avec le ministère de l’Éducation nationale chargé des Outre-mer. Les enseignants attendent maintenant des réponses concrètes à leurs revendications, tandis que des soutiens politiques comme celui de l’ancien ministre Victorin Lurel viennent renforcer la visibilité du mouvement.