La Polynésie française redevient un immense labo marin vu du ciel.
Dès début février 2026, Remmoa II (Recensement des mammifères marins et mégafaunes par observation aérienne) reprend du service pour mettre à jour la carte des cétacés, oiseaux, tortues, requins et raies. Quinze ans après la première mission, l'observatoire Pelagis veut comparer évolution et distribution dans la ZEE du fenua.
Budget 2,2 millions d'euros (262 millions Fcfp), financé par l'OFB, La Rochelle Université et mécènes. Sur le terrain, quinze personnes dont onze scientifiques, deux avions BM2 à turbine, sept pilotes, 300 heures de vol dont 200 d'observation. Objectif : 30 000 km de transects couvrant 850 000 km² sur les cinq archipels polynésiens.
Méthode chirurgicale : avion en plan de vol fixe, altitude et vitesse constantes. Deux observateurs derrière hublots bulles scrutent 200m de chaque côté pour oiseaux/méduses, plus large pour espèces rares. Comptages corrigés statistiquement pour estimer la population réelle. Huit observateurs locaux formés rejoignent l'équipe Pelagis.
Comparaison directe avec Remmoa 2011 qui avait révélé un gradient nord-sud de biodiversité et les Marquises comme hotspot majeur. Ces données avaient boosté la reconnaissance internationale de l'archipel. Aujourd'hui, Taivini Teai, ministre des Ressources marines, veut passer aux actes : "Identifier mégafaune, créer couloirs navigation, limiter perturbations maritimes."
Les nouvelles cartes serviront aussi les projets d'aires marines protégées, dont une AMP transfrontalière Gambier-Pitcairn. Déploiement par étapes depuis Tahiti vers les archipels selon la météo. Mission stratégique pour protéger l'océan Pacifique qui fait la richesse du fenua.
Rapports attendus dans 6 mois (préliminaire) et 18 mois (final). Ce genre de mission montre que la science protège concrètement nos mers polynésiennes.