Los Angeles 2028 : surfeurs en colère | 23.6 Radio

La route vers les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 se complique pour les stars du surf.

Le nouveau système de qualification validé par l’ISA redistribue complètement les cartes et crée une vraie fracture entre l’instance internationale et les surfeurs du Championship Tour. Au cœur de la polémique : le nombre de places réservées au circuit pro est drastiquement réduit.

Concrètement, seules dix places sont désormais attribuées via le CT de la World Surf League : cinq pour les hommes et cinq pour les femmes, avec un plafond d’un athlète par pays et par genre. Lors des cycles précédents, dont Paris 2024, vingt billets sortaient du CT sans limite stricte par nation. Le reste des quotas passera par les World Surfing Games et les compétitions continentales, qui gagnent un poids décisif dans la qualification olympique.

Sur le papier, l’ISA met en avant un objectif clair : renforcer l’universalité du surf olympique. Le quota maximal monte à trois surfeurs par genre et par pays, toutes voies confondues. Cette ouverture offre des chances supplémentaires à des nations émergentes et à des régions jusqu’ici peu représentées. Mais ce virage ne passe pas auprès d’une partie de l’élite, qui craint de voir des athlètes moins réguliers prendre la place de surfeurs dominants sur le CT.

Plusieurs riders ont déjà haussé le ton. Le Brésilien Yago Dora dénonce un système qu’il juge injuste, pointant le risque qu’un champion du monde manque les Jeux pour des raisons administratives plus que sportives. De son côté, Erin Brooks rappelle que le surf de haut niveau repose sur la régularité, ce que reflète le Championship Tour bien mieux que des compétitions isolées. La limitation à un seul qualifié via le CT dans des pays comme le Brésil, les États-Unis, l’Australie ou la France fait grincer des dents.

L’ISA, elle, assume complètement son choix stratégique. L’objectif est de faire des JO une plateforme vraiment globale, et pas seulement une extension du circuit WSL. À deux ans et demi de Los Angeles 2028, une chose est sûre : la qualification olympique est devenue un enjeu central du calendrier, et la marge d’erreur des surfeurs du Tour n’a jamais été aussi faible.