Les cartels transforment l'océan Pacifique en autoroute | 23.6 Radio

Tu te souviens du chalutier bourré de 500 kg de coke, du semi-submersible cramé à Makemo ou du voilier qui cachait 1800 kilos de drogue aux Marquises ? Sans oublier la prise monstre de 5 tonnes en janvier dans notre ZEE. Dernière alerte : 42 kg d'ice découverts sur un croisiériste à Nuku Hiva.

Toutes ces histoires ont le même point commun : la mer. Le fenua devient une étape obligée sur les routes du narcotrafic.

Le MICA Center, basé à Brest, a compté 606 incidents de sûreté maritime dans le monde en 2025. Près de 90% de la coke mondiale passe par l'eau. Les cartels utilisent tout ce qui flotte : bateaux de pêche, cargos, vraquiers, conteneurs. Même les navires de bétail, impossibles à fouiller correctement. Seuls les pétroliers échappent un peu au trafic.

Leur arme secrète ? Les semi-submersibles. Quasi invisibles au radar, ces sous-marins artisanaux peuvent trimballer 6 tonnes de coke depuis l'Amérique du Sud. Certains, repérés dans notre Pacifique, visent l'Australie. Nouvelle génération encore plus vicieuse : des drones navals autonomes pilotés par Starlink. Sans équipage, 1,5 tonne sur 1500 km pour seulement 15 millions de francs. Si ça saute, les cartels pleurent juste la cargaison.

Les go-fast à 130 km/h cartonnent dans les Caraïbes. Les vraquiers brésiliens planqués sous du sucre masquent l'odeur. Les grimpeurs accrochent les colis sur les coques en pleine mer et les récupèrent avant l'arrivée au port. Quant aux conteneurs, avec 850 millions en circulation, impossible de tout contrôler.

Ça coûte cher aux armateurs : un navire bloqué quelques jours pour fouille, c'est des centaines de milliers de dollars envolés. La Marine française a explosé les compteurs en 2025 : 87,6 tonnes de drogue saisies dans le monde, dont 58 tonnes de cocaïne. Chez nous, plus de 2 tonnes chopées en un an. Avec les prises de janvier 2026, on va pulvériser les records.

Le fenua, pris entre son immense ZEE et ses routes maritimes, devient une cible facile pour les cartels sud-américains. Chaque bateau suspect rappelle que notre océan nourricier est aussi l'autoroute des trafiquants.

Crédits Photos : @HautCommissariatPolynésieFrançaise