Un rapport parlementaire présenté hier à Paris veut créer un Institut Océan de l'ONU à Brest avec une unité dédiée en Polynésie française.
Les députés Pierre-Yves Cadalen (LFI Finistère) et Mereana Reid Arbelot (GDR Polynésie) portent le projet, soutenu par le président Moetai Brotherson. Ce serait une première mondiale pour l'océan au sein de l'Université des Nations Unies (UNU).
L'UNU, basée au Japon, compte déjà une dizaine d'instituts spécialisés, mais aucun ne traite de l'océan. Le rapport répond à une résolution adoptée en avril dernier à l'Assemblée. Brest et le fenua réuniraient expertise scientifique et position stratégique dans le Pacifique. Coût estimé : 42 millions d'euros pour 50 ans, financé par un fonds de capital et des appels à projets.
L'unité polynésienne formerait les futurs décideurs pacifiques en gouvernance océanique et sciences sociales. "Pas une simple antenne, mais une entité onusienne ouverte sur l'Indopacifique", insiste Mereana Reid Arbelot. Le Pays mise sur son écosystème scientifique existant pour ancrer ce projet international au fenua.
Moetai Brotherson voit là une opportunité unique : "Remettre la science au cœur des débats face aux réseaux sociaux." Tous les pays du Pacifique attendraient ce signal, selon lui. Le projet envisage aussi des portes d'entrée à Marseille, La Réunion, Guadeloupe, voire ailleurs dans la région.
Pierre-Yves Cadalen critique le multilatéralisme onusien attaqué et la science environnementale boudée. L'Institut produirait des recherches, formerait des experts des pays en développement et défendrait le droit international. Cinq scénarios de financement sont prêts. Prochaine étape : convaincre le Quai d'Orsay.
Pour la Polynésie, c'est une chance de devenir un hub océanique mondial. Papeete comme plaque tournante scientifique dans le Pacifique, ça te parle ? Le gouvernement polynésien pousse fort.
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