Le personnel d'Air Tahiti hausse le ton contre les aides publiques à Air Moana.
Dans une lettre ouverte au président Brotherson, l'inter-syndicale exprime son indignation et son inquiétude pour l'avenir de la compagnie historique du fenua. Après 65 ans de service sans subventions, Air Tahiti dénonce une concurrence déloyale.
Air Moana a reçu plus de 5 milliards en prêts et défiscalisations pour trois avions en un an. Air Tahiti n'a bénéficié qu'une seule défiscalisation locale en 65 ans. Ces aides permettraient à Air Moana de proposer des tarifs trop bas, fragilisant le petit marché inter-îles polynésien où la rentabilité reste compliquée pour tous.
L'absence de décision sur la Délégation de Service Public (DSP) accentue l'incertitude. Une prolongation d'un an se négocie, mais après ? Les 1600 salariés craignent pour leurs emplois et le lien vital avec les îles éloignées. Le soutien affiché du président à Air Moana contraste avec le silence sur Air Tahiti.
La nomination de Lionel Guérin à la tête d'Air Tahiti Nui pose aussi question. Il conserve des fonctions chez Air Moana, un cumul jugé immoral et potentiellement illégal. Comment garantir l'équité si la direction d'ATN privilégie son autre employeur ?
L'inter-syndicale réclame une égalité des aides publiques, la fin du cumul de fonctions et un soutien clair au personnel. Elle demande une rencontre urgente avec Moetai Brotherson pour des garanties sur l'avenir, les emplois et la protection des salariés d'Air Tahiti.