Japon : déchets nucléaires dans une île du Pacifique | 23.6 Radio

Le Japon cherche une solution radicale à son problème de déchets nucléaires.

Tokyo envisage d’utiliser Minamitorishima, une île déserte située à 2000 kilomètres dans le Pacifique, comme site d’enfouissement définitif du combustible usé. Cette première proposition directe du gouvernement central vise à stocker des déchets dangereux pendant des dizaines de milliers d’années.

Minamitorishima, territoire de 1,5 km² inhabité et interdit aux touristes, offre des zones inexploitées adaptées selon le ministre de l’Industrie Ryosei Akazawa. Entourée d’un atoll corallien, l’île présente des « atouts scientifiques favorables » géologiques qui justifient une étude préliminaire en trois phases. Tokyo a soumis une demande à la municipalité qui l’administre pour analyser sismicité et volcanisme à partir des données existantes.

Ce projet s’inscrit dans la relance nucléaire japonaise, quinze ans après Fukushima. Le pays mise sur un « usage maximal de l’énergie nucléaire » avec des normes de sûreté renforcées. En janvier, la plus grande centrale du monde à Niigata a redémarré, première depuis 2011. Les recherches précédentes se concentraient sur des zones peuplées comme Hokkaido et Kyushu, politiquement impossibles.

La Finlande fait figure de modèle avec Onkalo, premier dépôt géologique profond opérationnel à 400 mètres sous terre. Le Japon veut suivre cette voie pour boucler son cycle nucléaire. Mais ce choix d’une île pacifique ravivera les tensions régionales. Les États insulaires craignent de voir leur océan devenir décharge radioactive après les rejets de Fukushima.

Projet controversé dans un Pacifique déjà marqué par les essais nucléaires. Tokyo devra "convaincre ses voisins que Minamitorishima garantit une sécurité absolue pour des millénaires".