La tension s'intensifie à l'OPT.
Ce mercredi après-midi, la CSIP a quitté brutalement la table des négociations, quelques minutes seulement après son ouverture. En cause : la présence inattendue du directeur général d'Onati, Nicolas Weinmann, nommé en avril 2024 à la tête de la branche télécoms du groupe.
Cette première réunion visait à discuter du préavis de grève déposé lundi, couvrant la holding OPT, ONATI, Fare Rata, Vini Distribution et tous les sites polynésiens. La CSIP dénonce un "traquenard" de la direction, qui aurait sciemment inclus un dirigeant avec lequel un grave différend a éclaté récemment.
Des échanges houleux avaient opposé Nicolas Weinmann à la secrétaire générale du comité d'entreprise, à la limite de l'arrogance selon les syndicats. Des mesures conservatoires d'éloignement avaient été prises par la direction après une enquête interne. La présidence avait décidé qu'ils ne se rencontreraient plus, surprenant les représentants du personnel par sa réapparition.
La CSIP reproche aussi à Nicolas Weinmann, en concertation avec la présidente Hina Delva, d'avoir fortement réduit la prime d'efficience prévue par la convention collective. Deux tiers des salariés verraient leurs primes annuelles fondre de 30 à 70%, basées sur la performance globale de l'entreprise.
Les syndicats refusent de négocier en sa présence et préfèrent Tehina Thuret, directeur général délégué qui avait déjà représenté la direction lors du dernier conflit social. La PDG connaissait les tensions existantes. La direction n'a pas encore réagi publiquement.
La grève du 9 mars à minuit se profile nettement. Sans avancée rapide, le mouvement illimité paralysera postes, télécoms et distribution en Polynésie.