La situation géopolitique au Moyen-Orient continue de peser lourdement sur l'économie polynésienne.
Avec un baril de pétrole qui grimpe désormais à 105 dollars, les efforts du Pays pour stabiliser les prix à la pompe atteignent leurs limites. Si le Fonds de Régulation des Prix des Hydrocarbures (FRPH) a été abondé de 3,5 milliards de francs le mois dernier, les marges de manœuvre s'amenuisent. Le ministre des Finances, Warren Dexter, l'a confirmé : si la situation actuelle persiste, l'impact financier estimé à 6 milliards de francs pourrait se répercuter directement sur le portefeuille des consommateurs dès le mois de juin.
Cette crise touche aussi de plein fouet le secteur aérien, où le kérosène, non subventionné, subit de plein fouet l'envolée des cours. Air Tahiti fait face à un surcoût annuel massif de 700 millions de francs pour maintenir ses opérations. Face à ce déséquilibre, la compagnie a déjà acté une hausse de ses billets d'avion, couplée à une rationalisation de son programme de vols, particulièrement sur les lignes très fréquentées comme Bora Bora et Raiatea.
La perspective d'un apaisement rapide s'éloigne : malgré un cessez-le-feu volatil entre les États-Unis et l'Iran, les marchés restent fébriles. Le prix du baril n'a cessé de progresser, remettant en cause la stratégie de maintien des prix sous le seuil des 100 dollars. Alors que les compagnies aériennes attendent toujours une réponse du Pays concernant leurs demandes d'aide, les Polynésiens se préparent à une période d'incertitude économique durable, où chaque tension au détroit d'Ormuz se traduit immédiatement par une pression sur le coût de la vie au Fenua.