Cocaïne rejetée dans l'océan : L’Assemblée de la Polynésie s'unit et interpelle l’État | 23.6 Radio

L'utilisation de l'océan Pacifique comme zone d'élimination des stupéfiants suscite une profonde vague d'indignation dans les couloirs de l'Assemblée de la Polynésie française.

Portée par la représentante Hinamoeura Morgant-Cross et cosignée par Mitema Tapati et Pascale Haiti Flosse, une proposition de résolution condamnant fermement le rejet de drogue en haute mer a été adoptée ce mardi à l'unanimité en commission. Le texte fait suite à la destruction par les services de l'État de près de 12 tonnes de cocaïne saisies en début d'année dans notre Zone Économique Exclusive (ZEE), une cargaison qui a été ouverte, déballée puis diluée à environ 400 kilomètres au large de nos côtes. Pour les élus de Tarahoi, ce choix est inacceptable et réveille des blessures douloureuses liées à l'histoire des essais nucléaires français dans le pays.

Bien que cette pratique de dilution dans des milliards de mètres cubes d’eau ne soit pas condamnée par le droit international, l'élue Hinamoeura Morgant-Cross rappelle avec force le lien sacré du peuple polynésien avec l'océan, martelant que le Pacifique n'est ni un dépotoir, ni une poubelle. Face aux arguments rassurants de l'État, les porteurs de la résolution s'inquiètent de l'absence totale d'expertises scientifiques locales sur l'impact de ces substances sur la faune et la flore marine. À l'échelle internationale, la littérature commence pourtant à s'étoffer : des études scientifiques ont déjà mis en évidence la présence de traces de cocaïne chez des requins sauvages au Brésil ainsi que des altérations de tissus chez des anguilles exposées en laboratoire.

La résolution invite donc formellement l'État à abandonner définitivement les rejets marins et à privilégier d'autres alternatives plus écologiques et transparentes, à l'image de l'incinération.