La tension monte d'un cran au PK0 à l'approche d'un "Code rouge".
Une houle massive et particulièrement énergétique est attendue sur le spot de Hava’e les 11 et 12 juin prochains, promettant de très grosses conditions de glisse. Mais au-delà de l'excitation sportive, c'est l'inquiétude et la colère qui prédominent chez les habitués et les professionnels du surf. La surpopulation de bateaux de touristes, de jet-skis, de photographes et de caméramans dans la passe crée des situations de plus en plus chaotiques et dangereuses. Des images récentes montrent des surfeurs sortant du tube, totalement aveuglés par l'écume et le souffle de la vague, obligés de slalomer en urgence pour éviter des embarcations transformées en obstacles mortels. Le surfeur local Matehau Tetopata témoigne avoir évité le drame de justesse lors d’une session en tow-in avec Matahi Drollet, manquant de se fracasser contre la coque d'un navire.
Cette anarchie sur l'eau s'explique notamment par une rivalité d’egos entre certains capitaines de bateaux d’excursions qui se disputent la meilleure place au mépris de la sécurité. Face à ces comportements irresponsables, les voix s'élèvent pour réclamer des sanctions exemplaires avant qu'un accident mortel ne survienne. Philippe Klima, vice-président de la fédération tahitienne de surf, appelle à une prise de conscience des capitaines et à une collaboration urgente avec l'État et la commune pour réglementer l'accès au spot et définir des zones de navigation autorisées. Ironie du sort, une charte de bonne conduite avait pourtant été élaborée en début d’année entre les professionnels du tourisme, les surfeurs du pays et les gendarmes sous l'impulsion de la waterpatrol, mais celle-ci n’est malheureusement plus appliquée à ce jour.
La discipline sera pourtant vitale pour affronter en toute sécurité les vagues géantes de la semaine prochaine au fenua.
Crédits Photo : @TimMcKenna/RedBullContentPool