Alerte rouge au CHPF : La commission médicale dénonce une pénurie de médecins "critique" | 23.6 Radio

Le cri d'alarme est sans précédent et secoue le monde de la santé en Polynésie française.

La Commission médicale d’établissement (CME) du Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) vient de tirer la sonnette d’alarme à travers un communiqué officiel particulièrement inquiétant. Face à une pénurie de praticiens hospitaliers désormais jugée « critique », l’instance représentative dénonce une dégradation profonde du service public qui menace de manière très directe la sécurité des patients du fenua. Les chiffres avancés dressent un bilan particulièrement lourd : lors du dernier concours, pas moins de 57 % des postes de praticiens sont restés vacants au CHPF, un taux qui explose à 87 % à la Direction de la Santé. Pour maintenir l'établissement à flot, les autorités multiplient les contrats précaires dits « hors-sol », passés de 93 en 2023 à 215 en 2025. Pour le président de la CME, le Dr Tony Tekuataoa, le constat est sans appel : les délais s'allongent, les consultations sautent et les Polynésiens subissent de plein fouet des pertes de chances majeures.

La situation actuelle met directement en péril plusieurs filières de soins vitales pour la population. En radiothérapie, les deux seuls postes de praticiens restants seront vacants en octobre 2026, menaçant de contraindre la majorité des malades du cancer à de lourdes évacuations sanitaires (évasan) vers l'Hexagone pour suivre leurs traitements. En néphrologie, l’activité de greffe rénale est totalement fermée et les tournées cruciales dans les archipels des Australes et des Marquises sont stoppées depuis un an. La radiologie subit elle aussi une crise profonde avec 5 postes vacants sur 7, forçant l'hôpital à un recours massif à la téléradiologie. Plus grave encore, la CME pointe du doigt un échec collectif terrible concernant la fidélisation des enfants du pays : sur plus de 300 médecins polynésiens formés depuis 2003, seuls 14 d'entre eux exercent actuellement au CHPF comme titulaires.

Pointant du doigt un statut local des praticiens obsolète qui n'a pas évolué depuis 25 ans, la CME a saisi officiellement le président de l'Assemblée de la Polynésie française pour exiger une réforme statutaire immédiate, indispensable pour préserver notre système de soins.